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Michel Santi - Après dix ans de hausse ininterrompue, les prix de l’immobilier en Espagne plongent finalement, et tout particulièrement sur la côte méditerranéenne. De l’avis du FMI, le marché immobilier pourrait être surévalué de 20 %.
Cette dégringolade de prix en Espagne affecte brutalement l’intégralité de l’économie nationale, au point que certains vont jusqu’à évoquer la sortie du pays de la zone euro et reparlent du syndrome du « bloc Latin » !
En dépit d’un plan de relance gouvernemental, prenant la forme de stimuli fiscaux, il semblerait que la conjoncture soit dans une situation pire que ce qu’avaient prévu les analystes les plus alarmistes.
La confiance des consommateurs et des entrepreneurs est à un creux historique, l’activité commerciale décline à une allure sans précédent, et les commandes ont diminué de façon intense… Par exemple, les ventes d’électroménagers ont dégringolé de 32 % en mars dernier, pendant que les ventes de voitures, elles, ont chuté de 28 %. Quant à l’indice de l’activité dans le secteur des services, il est passé de 46,1 en février à 40,9 en mars, alors qu’un indice en dessous de 50 signifie la récession...
Le FMI, toujours lui, a réduit les perspectives de croissance de l’économie espagnole en 2008. Elles sont passées de 2,4 à 1,8 %. La cible pour 2009 est de 1,7 %. Les grandes banques espagnoles revoient elles aussi leurs prévisions à la baisse, arguant que la correction immobilière est nettement plus sévère que prévu et que ses effets se feront sentir plus longuement sur l’activité du pays.
De son côté, le gouvernement espère atténuer le choc en offrant un chèque de 400 euros à chaque ménage et en tablant sur des emplois supplémentaires dans le domaine des travaux publics, notamment le train à grande vitesse dans lequel il va dépenser une partie de son excédent budgétaire.
De fait, le boum immobilier espagnol a dépassé ces dernières années celui de l’Allemagne, de l’Italie et de la France réunies et, à présent que la roue tourne, la banque centrale espagnole se retrouve dans l’impossibilité de réduire ses taux d’intérêt car elle est entièrement dépendante de la BCE et doit donc se résoudre à assister, impuissante, à la détérioration de son économie ! Les Espagnols, habitués à bénéficier d’une croissance de 4 % par an, se préparent donc à traverser des périodes de turbulences.