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Sofame voit « vert »

mardi 4 septembre 2007, par Christine Deslandes


Décidément, le « vert » est dans l’air ! Pour s’en convaincre, on a qu’à penser à l’entente de Kyoto, aux documentaires environnementaux de Leonardo DiCaprio et d’Al Gore, à la création de Bourses climatiques et aux crédits de carbone…

Ce changement de mentalités a visiblement été capté par Sofame Technologies (SDW, Vancouver), une petite entreprise environnementale qui cherche à percer mondialement.

Loin d’être un nouveau venu dans ce secteur, Sofame n’est pas pour autant un dinosaure… Créée dans les années 80, l’entreprise québécoise s’est inscrite à la Bourse de Vancouver en 1997, mais est demeurée dans l’ombre.

Malgré tout, Sofame compte plus de 500 clients dans les secteurs industriel, commercial et institutionnel (ex. : Olymel, University of Toronto, Manoir Knitting et Edmonton International Airport), pour la plupart au Canada. Mais sa technologie « verte », qui engendre des économies d’énergie et permet d’obtenir des crédits de carbone, soulève actuellement un intérêt grandissant. En bref, ces appareils permettent de produire du chauffage ou de l’eau chaude de façon beaucoup plus économique, en réutilisant, par exemple, la chaleur dégagée par des équipements industriels.

« Le retour sur l’investissement facilite les ventes, a admis Simon Mandeville, responsable de la commercialisation, en prenant la parole durant l’assemblée des actionnaires, le 31 août dernier. Alors, en multipliant nos efforts de vente, nous devrions accroître nos revenus. »

Cap sur le monde

Ainsi, la société a entrepris de développer des ententes de distribution avec des partenaires aux États-unis et en Europe, essentiellement des entreprises spécialisées dans les solutions technologiques de ce genre (ex. : Tozour Trane et Newmech Companies) et des consultants en ingénierie ou en environnement. En parallèle, Sofame continue de démarcher elle-même le Canada et le Moyen-Orient, pour des projets spéciaux. Selon les rumeurs, elle aurait approché récemment un important complexe hôtelier de Dubaï.

Cette ouverture vers de nouveaux marchés semble sur le point de porter fruits. « Nous avons soumissionné pour de nombreux projets récemment, a déclaré Luc Mandeville, cofondateur de la firme et responsable de la recherche. La valeur moyenne de ces projets aux États-Unis est d’environ 750 000 $ US, comparativement à 350 000 $ en moyenne pour les projets réalisés au Canada. Il faudra néanmoins attendre 3 à 6 mois avant de récolter les retombées. »

Mais la partie n’est pas gagnée d’avance. Sofame compte quelques concurrents dans sa niche environnementale, bien qu’elle détienne un monopole sur certains produits (ex. : Hybrid Percotherm) et continue ses efforts en recherche et développement.

D’autres changements à l’horizon

L’entreprise vient d’ailleurs d’écrire ses résultats financiers trimestriels à l’encre rouge. Une situation décriée par son nouveau président du conseil, Richard T. Groome, un entrepreneur financier jouissant d’une solide réputation au Québec.

« Les pertes ne seront plus tolérées chez Sofame », a-t-il dit, en évoquant des changements opérationnels à venir, telles une nouvelle structure de prix et des marges bénéficiaires plus élevées. De plus, la compagnie puisera à même l’argent « vert », qui coule à flot, pour soutenir sa croissance. « Cette entreprise aura des ressources financières adéquates afin d’être là où elle devrait », a ajouté M. Groome.

La nouvelle orientation de Sofame et l’arrivée sur le conseil d’administration de Richard T. Groome, président de la banque d’affaires Notre-Dame Capital, et de Douglas Robertson, partenaire chez Heenan Blaikie (un cabinet d’avocats qui compte dans ses rangs Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada, et Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre du Québec), ont été bien accueillies par le marché. À preuve, l’action de la compagnie a fluctué entre 0,04 et 0,38 $ CA au cours des 12 derniers mois. Actuellement, le cours est d’environ 0,20 $ CA, ce qui valorise la compagnie à près de 20 M$ CA. Fait à noter, 45 % des actions en circulation sont détenues par les membres du conseil et les dirigeants.

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