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Commerce

La Chine montre les dents

lundi 8 décembre 2008, par Christine Deslandes


Les Chinois sont sur le pied de guerre. De nombreux internautes hostiles à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama, qui s’est déroulée le week-end dernier, ont appelé au boycottage des produits importés de France.

Pékin avait également mis en garde le président français contre les conséquences de sa rencontre avec le chef spirituel bouddhiste tibétain, et avait repoussé le sommet Union européenne-Chine. Mais des internautes chinois exigent apparemment une réponse plus ferme.

Ce boycotte pourrait avoir des conséquences très lourdes pour le pays. Présentement locomotive du monde, la Chine vient de lancer un plan de relance de 460 G d’euros. Ce plan s’articule en grande partie autour des travaux d’infrastructures : routes, ports, villes, lignes ferroviaires.

La Chine est déjà le 9e client de la France. Elle a importé l’an dernier pour 9 G d’euros de produits français, principalement du matériel ferroviaire et des avions.

De plus, les entreprises françaises qui se sont implantées dans le pays, comme Alcatel, Alstom, Areva, Carrefour, pourraient être privées de belles opportunités. On dénombre pas moins de 1 800 implantations françaises.

Bref, au moment où l’économie française se fragilise, la demande chinoise peut faire la différence. Et la Chine mise visiblement sur cette carte...

Et les Etats-Unis

Henry Paulson, secrétaire américain du Trésor, a rencontré le gouvernement chinois le week-end dernier. Mais cette fois, les Etats-Unis n’ont pas mis de pression sur la Chine afin qu’elle augmente la valeur du yuan. Le dialogue amical a simplement porté sur les façons de prévenir tout retour du protectionnisme.

C’est que la question du financement de la dette publique américaine est devenue une priorité. Les Etats-Unis ont ni plus ni moins été incités à prendre toutes les mesures possibles de stabilisation des marchés financiers.

Or, la Chine détient 585 G$ US en bons du Trésor américains. Les participations chinoises dans Freddy Mac et Fanny Mae, ou encore le fonds Blackstone et la banque d’affaires Morgan Stanley sont équivalentes.

Les grands argentiers de Pékin ont donc fait comprendre à leurs interlocuteurs qu’ils n’avaient aucune intention de mettre en péril leur croissance économique, aujourd’hui chancelante, en réévaluant brusquement le yuan. À quoi faut-il s’attendre à présent ?

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