Soyez premier en bourse
Avis légal | À la Une | À lire ou à voir | Chroniques | Liens utiles | Sites boursiers |
Go Bourse > Chroniques > Économie > Je consomme, donc je suis !

Je consomme, donc je suis !

mardi 13 septembre 2011, par Christine Deslandes


Pendant des décennies, l’expansion de l’économie américaine a reposé sur la gourmandise d’une consommation qui a représenté autour de 70 % du PIB national ! Ainsi, l’Américain moyen se distinguait de tout autre individu sur la planète par son appétit immodéré pour la consommation, un appétit qui, en proportion à la richesse nationale, a progressé entre 1997 et 2007 de 67 à 71,6 % du PIB.

Or, ces dépenses effrénées, qui n’étaient en rien redevables à un enrichissement du peuple américain ou à un usage accru qu’il faisait de son épargne, étaient tout simplement le résultat de l’utilisation du crédit, abondamment mis à la portée de toutes les bourses et de tous les ménages.

Et l’engouement pour l’hyperconsommation par l’entremise de cartes de crédit fut rapidement distancé par la vogue des financements (et des refinancements) hypothécaires, rendue possible par l’appréciation quasi-linéaire des valorisations immobilières. Laquelle hausse du marché immobilier était en grande partie imputable à ces facilités de crédit…

Il devenait ainsi enfantin pour un Américain possédant un bien immobilier d’augmenter périodiquement son prêt immobilier grâce à des expertises toujours plus élevées, et ce, dans le seul but de dépenser le différentiel lui ayant été accordé par un système bancaire indulgent à souhait... De 1997 à 2006, les Américains pompèrent ainsi quelque 9 000 milliards $ US de leur système bancaire par le truchement de prêts immobiliers.

Cette consommation, artificiellement provoquée par un système complice et peu préoccupé des conséquences de ce type de comportement frénétique, fut forcément interrompue de manière brutale lors de l’implosion de la bulle immobilière, à l’été 2007. La crise immobilière sonna le glas d’un mode de vie dont la seule fin était la consommation. L’inévitable crise favorisait dès lors toute une série de questionnements existentiels au sujet de cette consommation tout à fait disproportionnée par rapport à l’épargne américaine quasi inexistante et aux revenus stagnants des ménages. Les accusations, qui succédèrent tout naturellement aux interrogations, mirent en cause le système bancaire, le secteur peu sourcilleux des prêts hypothécaires, la Réserve fédérale et même le mécanisme US biparti, accusé de collusion avec l’élite financière...

En réalité, la vulnérabilité d’un citoyen américain entièrement dépendant de son revenu mensuel était bien connue de l’establishment financier, et ce, bien avant l’explosion de la dernière bulle spéculative et l’aggravation du chômage.

Aujourd’hui, le gouvernement fédéral, dont les dépenses représentaient déjà 22 % du PIB avant la crise, est la seule alternative à la consommation privée. Toutefois, ces subsides fédéraux, ces stimuli fiscaux et autres mesures keynésiennes destinés à relancer une machine grippée par une consommation en berne (qui ne peut être relayée par l’utilisation d’une épargne US anémique) sont injectés dans l’économie à travers des emprunts contractés auprès de l’étranger par l’État américain... En définitive, comme les derniers stimulus américains de 800 milliards $ US coûteront au pays un total de 3 000 milliards, en tenant compte des intérêts, son impact positif à court terme est condamné à s’effacer à moyen et long terme. Car les remboursements seront évidemment prélevés dans l’économie réelle du pays…

Cet article est fourni par Michel Santi, de Gestion Suisse.

Commentez cet article

Sauvegarder et envoyer


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Création : A.Ouvrard | Quizz : Culture générale - Economie - Bourse | SPIP